M. Valéry GISCARD D'ESTAING Ancien Président de la République française

2/05/2000

Monsieur le Président, Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés européens du PPE-DE

Je voudrais d'abord remercier, Monsieur le Président POETTERING, pour son invitation à venir participer à cette réunion, ce qui me cause un grand plaisir. D'abord parce que je retrouve ici le Groupe dans lequel j'ai siégé au Parlement européen. Pour les plus anciens qui connaissent ces événements, pour les nouveaux élus qui sont, je crois, près de ta moitié de votre Groupe, je ferais un peu d'histoire.

J'ai été élu en 1989 à la tête d'une liste d'Union du Centre droit français, qui a eu un résultat qui n'a jamais été égalé depuis. Nous sommes allés pour l'essentiel siéger au Groupe libéral en raison d'adhérences historiques car certains de nos candidats antérieurs y siégeaient et j'ai donc pris spontanément la suite. A l'époque, d'ailleurs les conservateurs britanniques n'étaient pas encore au PPE-DE et le Parti Populaire espagnol n'y était pas non plus et s'interrogeait. Les sociaux démocrates portugais n'en faisaient pas partie non plus. J’ai été élu Président de ce Groupe et, en vivant les séances; en participant au vote, j'ai observé que plus que les positions prises, lés convictions politiques de base qui éclairent des positions, me mettaient plus près du PPE-DE que de mon Groupe. Je me suis senti attiré, inspiré par le PPE-DE. J'ai attendu une échéance convenable, la mi-parcours de i'échéance parlementaire, pour rejoindre votre Groupe. Je l'ai fait d'ailleurs avec quatre députés français, dont l'un siège toujours ici, puisque Alain LAMASSOURE a suivi, à l'époque, le même parcours que moi.

Nous avons noué une amitié et j'évoquerais simplement à M. POETTERING celle qui me liait à M. SALZER, responsable à l'époque de la délégation allemande, qui était un homme très chaleureux, très sensible aveC lequel nous avions développé de véritables relations d'amitiés. J'ai été très attristé quand il a eu son tragique accident de voiture. Nous sommes restés jusqu'aux élections générales françaises qui avaient lieu en 1993. Mais depuis, je suis resté très attaché au PPE-DE pour deux raisons:

La première raison, c'est qu'il représente la culture et les valeurs très importantes du centre droit en Europe. C'est ici, maintenant, après les nouveaux apports que vous avez reçus, que se manifeste cette culture historique et en même temps contemporaine du centre droit européen. Lors des élections européennes du printemps dernier, vous avez prouvé que contrairement à toutes les idées reçues, il n'y avait pas de majorité socialiste en Europe. Il y en a dans les gouvernements, mais moins dans l'opinion publique. J'ai été heureux de voir que dans le résultat des élections, votre Groupe devenait le premier Groupe du Parlement européen alors que ça n'a pas été toujours la cas dans le passé. C'était donc un beau succès et une indication politique forte. J'espère que cette indication sera confirmée dans les élections à venir et en particulier, Madame la Présidente, dans les élections prochaines en Espagne.

La deuxième raison de mon attachement au PPE-DE est que son histoire politique, sa culture, est intimement liée à la tâche passionnante de construire l'Union de l'Europe. Les statues qui sont autour de cette salle ne représentent pas les pères fondateurs. Mais si elles devaient le faire, il faudrait se souvenir que quatre des pères fondateurs sur cinq, appartenaient à la culture politique démocrate chrétienne, devenue par la suite PPE-DE. Lorsqu'il est fait allusion à l'héritage, au patrimoine politique de l'Europe, it se trouve très largement dans les mains de votre Groupe.

Vous m'avez proposé, Président POETTERING, de parier un peu de l'état actuel de la construction européenne, nous allons parler de la CIG et je vais vous présenter quelques réflexions à cet égard.

Depuis ta négociation du traité du Maastricht qui avait commencé avant la réunification allemande, il y a une interrogation nouvelle sur le contenu politique du projet européen. Cette interrogation s'est accrue du fait des nouvelles perspectives d'élargissement. Mais dès les années 198511988, existait cette interrogation qui portait sur deux points essentiels: un point qui portait sur le fond du projet, autrement dit quel est le degré d'intégration que 1'on souhaite atteindre. A ce sujet, il y a eu un épisode important qui avait été la rédaction et le vote par le Parlement européen du rapport Spinelli qui avait tenté de définir un cadre politique pour l'Europe. II avait été voté presque â l'unanimité par votre Groupe et le pouvoir gouvernemental des différents États. La question est donc sur le fond de savoir quel degré d'intégration nous recherchons.

La deuxième interrogation qui est restée ouverte, c'est l'interrogation sur la structure, avec deux pôles extrêmes: les partisans d'une structure fédérative, et les partisans d'une structure intergouvernementale avec des degrés allant de l'un à l'autre. J'emploie toujours le mot fédératif plutôt que fédéral, car c'est le mot de Montesquieu qui désigne une démarche. En effet le mot fédéral désigne une situation lointaine, fédérative désigne un processus. Devant la difficulté d'aboutir à une solution uniforme, c'est à dire acceptée par à peu près tout le monde, on a commencé à agiter des idées multiples. L'idée d'une Europe à plusieurs vitesses, d'une Europe à géométrie variable, d'une Europe formée de cercles concentriques et suivant les partis, les orateurs et la conjoncture politique, on faisait référence à l'une ou l'autre de ces formules. Or cette interrogation de base, il faut bien que vous en soyez conscients, est restée présente. La CIG ne cherche pas une réponse à ces questions. Elle n'a pas été exactement faite pour cela puisque cette CIG est le résidu des deux échecs de Maastricht et d'Amsterdam. Nous avons participé avec Monsieur BROK, déjà présent à la CIG d'avant Maastricht et vous savez que dans le projet de document qui a été apporté au Conseil européen de Maastricht par la présidence néerlandaise, figurait l'objectif politique qui était une Union européenne à vocation fédérale. La réunion du Conseil européen de Maastricht n'ayant pas permis d'aboutir à un accord, on a retiré ce membre de phrase qui figurait dans le projet de traité. En annulant, ce point car trop difficile, trop compliqué, on a renvoyé les questions institutionnelles à~ une nouvelle conférence qui devait être la conférence d'Amsterdam. Cette dernière n'a pas réussi à traiter ces sujets et on a renvoyé à nouveau les trois points institutionnels qui font l'objet donc de la négociation qui est désormais ouverte. Lorsque le Président de la Commission, M. Romano PRODI a choisi des Sages, notamment M. DEHAENE, ici présent, pour établir un rapport sur ce que pourrait être le contenu de cette négociation, ils ont proposé d'élargir la négociation. Peut-être que M. DEHAENE nous le redira tout à l'heure. Les gouvernements n'ont pas suivi cette recommandation, estimant que cela rendait plus difficile la conclusion de la négociation et sont donc revenus aux reliquats d'Amsterdam, c'est à dire l'amélioration des deux institutions et de la procédure qui gèrent l'Union européenne. Dans cette conférence intergouvernementale, il y a une nouvelle toile de fond: les décisions du Conseil européen d'Helsinki.

C'est probablement de toutes les décisions récentes de l'histoire politique européenne ta décision ta plus importante, puisque c'est l'opinion pour le grand élargissement. On sait que l'on va vers uns Europe en tout cas de 26 peut être de 27 États et juste derrière, attendent des États qui, si ce processus aboutit, demanderont naturellement à rejoindre l'ensemble. La conférence d'Helsinki qui a été de ce point de vue très importante; a apporté une première réponse: le choix de la Grande Europe au nombre compris au début entre 27 et 30, avec une population supérieure à 500 millions d'habitants, 535, je crois. Par cette décision, il est clair que te niveau d'intégration que l'on peut rechercher ne pourra être que limité. Je ne suis pas sûr que tous les observateurs, y compris ceux de notre culture qui ont suivi ces démarches, se soient rendus compte de cette conséquence. Dans le monde moderne qui a plutôt tendance à se fragmenter, où 1es antagonismes de toutes natures, y compris hélas sur le sol de l'Europe, restent vivants, I'idée de vouloir intégrer fortement 27 États et 530 millions d'habitants n'a pas de vraisemblance. En choisissant la Grande Europe, le Conseil européen a choisi un niveau d'intégration limité. Cette conséquence du point de vue du travail pratique et de la vis intérieure de notre Groupe vous facilite la tâche, M. le Président. A ce sujet, vous allez aboutir à un accord à peu près général. Les pro-européens dont je fiais partie savent qu'il n'est pas réaliste de rechercher une intégration à un niveau de cette taille, et les Européens modérés, je ne dirais pas pour employer un vocabulaire qui pourrait être teinté de polémiques, les eurosceptiques, se réjouiront que le choix fait ne puisse aboutir qu'à un niveau d'intégration modéré. Sur les objectifs de la Grande Europe tout le monde va se retrouver plus ou moins d'accord. C'est un changement fort par rapport à la culture initiale de votre Groupe, la culture initiale des Pères fondateurs, qui eux avaient pris l'option d'une intégration aussi poussée que possible. Cela veut dire que par rapport aux discussions compliquées que nous avons eues ces dernières années, on voit, pour la période historique à venir de 20 à 50 ans, soit entre la génération et le demi-siècle, quels sont les trois axes de développement futurs pour l'Europe. II va y avoir trois progressions de l'idée européenne sur des axes différents. Tout d'abord la Grande Europe puisque ce choix a été fait et cela prendra du temps. La Commission fait des mises en garde, il y a et il y aura beaucoup de difficultés de négociation. Mais enfin l'itinéraire est dessins. Cette Grande Europe sera faiblement intégrée. II y aura un deuxième développement durant cette période qui sera l'Europe de la Défense! Puis un troisième développement éventuel: la reprise par un groupe d'États européens d'une démarche en direCtion d'une intégration plus poussée, soit une Europe intégrée à l'intérieur du grand espace européen. Ce sont les trois approches que nous allons voir se développer.

Un mot d'abord sur la réforme des institutions en cours.

C'est tout d'abord la réforme des institutions de la future Grande Europe des 26, 27 États et 500 et quelques millions d'habitants. II existe un paradoxe que vous avez sûrement ressenti dans vos travaux: les institutions actuelles étaient faites pour pousser à l'intégration, le Président SANTER le sait fort bien, Le Parlement européen aspire à voir étendre ses compétences, donc il pousse à l'intégra~on. Mais ces institutions vont se retrouver à la tête d'un ensemble qu'il est raisonnable de considérer comme un potentiel limité d'intégration. D'autre part, on considérait jusqu'à présent que l'intégration européenne aurait du mal â progresser, mais maintenant ce n'est plus le sujet. Le vrai sujet sera comment faire fonctionner un grand système hétérogène. Autre problème: il faut voir que dans ce nouveau système, ceux qui souffriront le plus des dysfonctionnements du système, ce sont les nouveaux membres qui sont les Etats faibles. Les décisions que l'ont doit prendre dans un système hétérogène sont des décisions qui auront pour objet d'aider les nouveaux membres ou de soutenir les États faibles. Donc si le système ne prend plus de décisions cela ne pénalisera pas les grands États. On prend peu de décision et nous allons vivre comme cela, c'est pourquoi, avant 1990, la CIG dans sa première phase avait pour but de faire avancer l'intégration européenne. Actuellement, la C1G aspire à permettre à l'Europe élargie de bien fonctionner et ce ne sont pas les mêmes États qui y ont en réalité le plus grand intérêt S'engage donc une sorte de négociation à front renversé, dans laquelle ceux qui demandent ou qui devraient demander la réforme des institutions sont les pays faibles et les nouveaux membres. Car s'il n'y a pas cette reforme des institutions, ils ont peu de chance d'obtenir des satisfactions. Trois remarques très brèves sur les sujets de cette CIG, Monsieur BROK en parlera tout à l'heure.

La Commission a fait un papier que vous avez vu récemment avec des propositions intéressantes comme le sont souvent les grands documents de la Commission et à ce propos, l’Agenda 2000, dû à notre collègue SANTER, était un très bon document. La Commission fait des propositions sur la Commission et elle propose à mon avis la solution qui a le moins de sens. Elle dit nous avons 20 Commissaires, gardons-les. En réalité, on a le choix entre ramener le nombre des Commissaires au nombre de fonctions (entre 12 et 15) et à ce moment là bien-entendu, tous les pays n'auront pas un commissaire. Cela suppose une règle à rechercher qui déterminerait la répartition des sièges, à la foi immédiatement et dans la durée. Une autre solution, l'actuelle, qui est de dire que tous les pays ont un siège et les grands pays auront deux sièges. Dans ce cas là, on arrive à une Commission de trente-deux membres à la fin du processus d'élargissement, soit une Commission qui ne peut pas fonctionner. Et voyez bien que la solution moyenne, à mon avis, n'a pas beaucoup d'intérêt, comme les compromis, chacun peut y trouver satisfaction: il y aura moins d`États qui perdront leur Commissaire, il y aura plus de Commissaires qu'il n'en faudrait pour exercer les fonctions. Ce n'est pas une très bonne solution, le vrai choix est donc difficile et je ne sais pas encore ce que votre Groupe a conclu. Fait-on le saut en décidant que la Commission a un nombre égal de Commissaires à celui des fonctions qu'elle doit exercer et cherche-t-on ensuite ensemble une règle de désignation et de rotation? Ou reste-t-on dans le système antérieur d'un Commissaire par Etat? Dans ce cas autant garder le système intégral et ne pas prendre un système intermédiaire.

La deuxième remarque, dans le document de la Commission, c'est l'extension de la majorité qualifiée. Un certain nombre de décisions du Conseil, notamment de co-décisions comme vous le savez parfaitement puisque vous participez au processus, doivent être prises à la majorité qualifiée. C'est une majorité qui requiert un nombre de voix supérieur à la majorité simple du barème du Traité de Rome. Le barème du traité de Rome est peu représentatif, puisqu'il donne deux voix au plus petit Stat, Le Luxembourg, et dix voix aux plus grands États comme l'Allemagne unifiée. Ce barème n'est pas bon, tout le monde sait qu'il faut essayer de se rapprocher de la réalité démographique qui est aussi la réalité démocratique. Mais naturellement les Etats moins peuplés résistent et ne veulent pas se voir dépouillés de leurs droits. Alors la Commission a fait une proposition qui est de dire qu'on aurait un double système: on voterait avec les voix du Traité, mais on vérifierait qu'on a bien également la majorité de la population. Si on devait aller dans cette direction, je le dis aussi à M. SROK, il faut que la majorité de la population soit également une majorité qualifiée. C'est à dire qu'il ne faut pas dire que 50 % de la population fait une majorité qualifiée. II faut donc dire ou les trois cinquièmes ou ce que l'on voudra, je n'en sais rien. Parce que les décisions difficiles, ce sont celles-là. Si elles sont prises à la majorité simple, cela voudra dire qua 49 % des Européens sont contre, elles ne seront pas ou difficilement applicables. Et si l'ont vaut qu'il y ait vraiment une pression de l'opinion européenne en faveur d'une décision prise à la majorité qualifiée, il faut vraiment une majorité qualifiée des trois cinquièmes qui est celle envisageable à ce sujet.

Dernière remarque, l'extension des matières soumises au vote à la majorité qualifié. I1 faut bien voir qu'il y a actuellement une certaine tendance dans l’opinion européenne à montrer des réticences vis-à-vis des décisions qui ne conviennent pas ou qui ne plaisent pas au milieu politique ou à l'opinion publique. L'Union européenne ne peut pas prendre le risque de prendre des décisions qui ne seraient pas appliquées. 0n a déjà vu cette affaire très pénible, dont j'ai regretté certains aspects du déroulement, des embargos sur la production bovine de tel ou tel Etat avec des décisions prises à Bruxelles qui n'étaient pas respectées, contestées etc. Je crois que s'i1 y avait une procédure de décisions prises à la majorité, aboutissant à des décisions non respectées, tout le système sera ébranlé. Il ne faut mettre dans l'extension des sujets que ceux sur lesquels, une conviction raisonnable existe que les pays appartenant à la minorité, accepterons la décision de la majorité. Si on sait à l'avance que sur tel ou tel sujet -je pourrais en citer deux ou trois- des pays qui sont dans la minorité refuseront d'appliquer la décision, il ne faut pas mettre ces matières dans les matières soumises à la décision à la majorité qualifiée.

Je terminerai en évoquant simplement un point : que se passera-t-il en cas d'échec ? 0n a toujours l'habitude de penser que les négociations aboutissent, elles aboutissent souvent, mais échouent parfois aussi. Si c'est un échec camouflé, ce qui est une hypothèse possible, c'est à dire qu'en réalité on ne réforme pas, mais on met une espèce de brouillard sur le système, une espèce de nuage, une fausse solution, il ne se passera rien, mais les institutions continueront de se dégrader et se dégraderont d'autant plus que l'élargissement ira plus loin. Ce qui fait qu'on ira vers une Europe assez impuissante, prenant peu de décisions, et appelée peut-être à connaître à un moment ou à un autre, des tensions internes. S’il y a un échec constaté, vous aurez une difficulté vis-à-vis de l'élargissement puisque certains parlements, dont le nôtre, ont voté un texte que le gouvernement a accepté disant qu'ils ne se prononceront sur de futurs élargissements qu'après avoir voté sur le texte de la réforme des institutions. S'il y avait un vrai échec, il y aurait un risque de ce fait de blocage.

II y avait bien d'autres choses que je voulais vous dire, mais je sens la nervosité de mes deux voisins et notamment de Mme FRAGA. Je m’arrête là.

L'autre piste c'est la défense, on y est bien engagé, ça marche, progresse. C'est un domaine d'ailleurs dans lequel, je pense que la Grande-Bretagne, peut jouer un rôle important Et donc quand parfois on s'interroge sur le rôle de la Grande-Bretagne en Europe, dans l'impulsion à donner en matière de défense, dans les responsabilités à exercer, il y a un rôle, qu'on peut voir se profiler pour la Grande Bretagne.

Et le dernier point c'est la coopération renforcée, car la question sera posée dans cette grande Europe. II y aura des Etats qui chercheront une coopération renforcée. I1 faut donc la rendre plus facile, c'est à dire supprimer un certain nombre des conditions qui y font obstacle. II faut s'imaginer qu'il n'y en aura qu'une en réalité. C'est à dire une espèce de volonté politique de coopération renforcée qui choisira quelques sujets d'application. Et il est vraisemblable que cette coopération renforcée devra s'exercer en particulier autour de l'EURO, parce que la situation de faible institutionnalisation de l'EURO à l'heure actuelle, le fait que l'EURO ait une faible existence politique et un faible environnement institutionnel explique en partie les difficultés qu'il a rencontrées la mois dernier.

Je vous remercie Monsieur le Président.