La
lettre d’Emmanuel Edou 15 avril 2005
Cher ami,
Vous avez, autour de vous,
des amis dont le premier réflexe est de voter non.
Ils ont de multiples raisons
de voter non.
Non à l’équipe actuelle. Non,
ce n’est pas cette Europe là qu’ils veulent. Non, car ils en ont assez de
toutes ces élites qui entendent leur dicter leur vote.
Et pourtant, ils hésitent. Ils
se rendent bien compte que se joindre à Pasqua, Chevènement, de Villiers ou José
Bové, ce n’est pas une démarche d’avenir.
Ils se rendent bien compte
que rejeter la Constitution pour manifester leur mauvaise humeur, c’est se
tromper d’élection, c’est rater sa cible. Envoyer, du fond de la classe, une
boule puante pour embêter le professeur, ça n’a jamais rien arrangé.
Ces amis hésitent à voter
non, mais à vrai dire, ils manquent d’arguments pour voter oui.
En effet, pourquoi voter
oui ?
Vous trouverez ci-joint un
court argumentaire pour le oui. J’espère qu’il vous paraîtra convaincant.
Sinon, dîtes-le moi, et nous l’améliorerons ensemble.
Et si, comme moi, vous pensez
qu’en votant non, nous aurons manqué définitivement, et pour de mauvaises
raisons, un rendez-vous historique, pourquoi ne pas diffuser cette lettre et
cet argumentaire à ceux de vos amis qui hésitent ?
Bien à vous,
Emmanuel
Edou
REFERENDUM du 29 Mai 2005
Vous hésitez à voter
oui ? Alors, achetez la Constitution, et lisez-la.
C’est un texte magnifique.
C’est un texte qui a du
souffle. Il donne à l’Europe et à ses peuples la vision d’avenir qui leur
manquait. Au-delà du simple marché commun des marchandises, ou de l’Europe
réglementariste et bureaucratique qui est celle des actuels traités, la
Constitution donne un but à la construction européenne. Il y a longtemps que
nous attendions cet exposé de notre vision commune de l’Europe.
Lisez le Préambule :
quelle belle démarche d’avenir ! Lisez la Charte des droits
fondamentaux : quel progrès, après les temps horribles qu’ont vécu au
siècle dernier les peuples d’Europe !
C’est un texte clair.
Il organise la démocratie. Il
n’y aura plus des directives élaborées en secret par la Commission et votées en
catimini par le Conseil, mais des lois délibérées en public par le Conseil des
ministres, et votées en public par le Parlement européen. Comme dans toute
démocratie, chacun pourra suivre, réagir, intervenir à temps.
Il donne des visages aux
institutions, avec des responsables clairement désignés. Il organise des
majorités plus réalistes et plus efficaces, tout en gardant l’unanimité sur les
points essentiels.
Il reprend, dans son titre
III, toutes les politiques fixées par les multiples traités actuellement en
vigueur. C’est une partie plus complexe, mais c’est la première fois que tout
est décrit de façon claire, rassemblée et lisible.
C’est un texte qui
facilite l’avenir.
Alors que les traités actuels
ne peuvent être révisés qu’à l’unanimité, il organise une procédure plus souple
de passage à la majorité.
Il permet à un groupe de pays
volontaires de conduire en commun des politiques communes renforcées, et de
servir ainsi de pilotes dans la construction européenne.
Il fixe clairement désormais
les frontières de l’Europe : il faudra l’unanimité de tous les membres, et
donc la voix de la France comme celle des autres membres,
pour aller au-delà des
frontières actuelles.
Enfin, le jour où un pays
veut sortir de l’Union, il dispose désormais d’un droit de retrait qui ne peut
lui être contesté. Qui a dit que c’était un texte irréversible ?
Alors, voter non, pourquoi ?
Pour conserver l’organisation
et les procédures européennes actuelles, dont on critique pourtant justement
l’opacité et l’inefficacité ?
Parce qu’on pense que la
France, dont la prospérité est liée à sa capacité d’exporter sur les marchés
mondiaux, se défendra mieux toute seule ?
Parce qu’on se sent capable
d’expliquer un jour à ses enfants que, plutôt qu’approuver ce beau texte
d’avenir, on pensait pouvoir reconstruire une nouvelle Europe. Avec qui ?
Avec Fabius et Le Pen ?
Voter non, c’est, pour notre
génération, manquer un rendez-vous historique pour une meilleure Europe.
Vous n’êtes pas
convaincu ?
Vous avez d’autres
questions ? Un point particulier vous préoccupe ?
Rendez-vous sur le site i-d-europe.org. Nous vous répondrons.